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L’eau dans Paris : entre patrimoine et création artistique

  • 1 juin
  • 4 min de lecture


Avec les vagues de chaleur de ces derniers jours, on mesure davantage l’importance de l’eau dans les grandes villes. À Paris, cette présence de l’eau est partout. Dans les rues de la capitale, les fontaines Wallace font justement partie de ce paysage quotidien. On les croise sans toujours y prêter attention, entre le bruit de la ville et les quais de la Seine.


Pourtant, ces fontaines ne servent pas seulement à fournir de l’eau potable aux habitants et aux passants. Elles racontent aussi une partie de l’histoire de Paris, marquée par la solidarité, l’art et le patrimoine urbain. À travers elles, l’eau apparaît comme un élément essentiel de la ville, à la fois utile, culturel et inspirant.


Les fontaines Wallace, inspirées par la générosité :



Pour comprendre les fontaines Wallace, il faut revenir après la guerre franco-prussienne de 1870, le siège de Paris, puis la Commune, la population souffre terriblement. L'accès à l'eau potable est devenu un problème majeur. C'est dans ce contexte qu'intervient Richard Wallace, un riche collectionneur et philanthrope britannique profondément attaché à Paris. Choqué par les conditions de vie qu'il observe, il décide d'offrir à la ville des fontaines publiques gratuites.

Les premières fontaines sont installées dès 1872. Pour les concevoir, Wallace fait appel à Charles-Auguste Lebourg, un sculpteur qui réalise des modèles en fonte, permettant une reproduction à grande échelle. Dès l'origine, ces fontaines ne sont pas de simples points d'eau : elles sont pensées comme des objets beaux, dignes d'être dans l'espace parisien.


Ce qui frappe d'abord quand on regarde une fontaine Wallace, ce sont les quatre cariatides qui soutiennent le dôme. Ces figures féminines, d'inspiration antique, représentent la simplicité, la bonté, la sobriété et la charité. Leurs postures diffèrent légèrement, ce qui rend chaque fontaine unique.

La couleur verte n'a rien d'un hasard : elle aurait été choisie dans le cadre de la politique urbaine de Napoléon III, qui souhaitait intégrer davantage la nature dans Paris.


Comme le montre Barbara Lambesis, présidente de la Société Des Fontaines Wallace, dans son ouvrage "Trouver les fontaines Wallace Paris", ces fontaines sont devenues bien plus que des points d'eau. Elles sont des repères urbains, des objets photographiés, des symboles du Paris populaire. On les retrouve sur les cartes postales anciennes, dans les films, dans la photographie de rue, dans les illustrations touristiques.

 


La Seine et les fontaines : l'eau comme matière artistique


La Seine n'est pas qu'une voie de transport ou une frontière entre rive droite et rive gauche. Pour les artistes, elle a toujours été une source d'inspiration inépuisable. Claude Monet, Auguste Renoir; tous ont été fascinés par ses reflets, sa lumière changeante, le mouvement perpétuel de son eau.


Paris ne se limite pas aux fontaines Wallace. La ville compte d'autres fontaines remarquables qui témoignent de cette relation entre eau et création artistique.

Les fontaines de la place de la Concorde, monumentales, offrent un spectacle visuel grandiose, typique de l'ambition du XIXe siècle. Au musée du Louvre, les bassins qui entourent les pyramides jouent avec les reflets et participent pleinement à la mise en scène architecturale du lieu.



Plus contemporaine, la fontaine Stravinsky, créée par Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, propose une vision radicalement différente : colorée, ludique, en mouvement constant, elle mêle eau et art moderne dans une joyeuse explosion de formes.


Toutes ces fontaines, à leur manière, montrent que l'eau à Paris n'est jamais seulement fonctionnelle. Elle est toujours, aussi, artistique.


Eau de Paris : un acteur important


Aujourd'hui, Eau de Paris veille sur un réseau de plus de 1200 fontaines à boire dans la capitale, dont plus d'une centaine de fontaines Wallace. Ce chiffre impressionnant témoigne d'un engagement concret : garantir à tous un accès gratuit à l'eau potable.


Cet engagement passe par l'entretien régulier des fontaines, leur adaptation aux fortes chaleurs qui deviennent plus fréquentes, et la modernisation progressive des équipements. Les fontaines Wallace, malgré leur âge, restent fonctionnelles et entretenues avec soin.


Un événement récent illustre parfaitement le statut qu'ont acquis ces fontaines : pour les 150 ans des fontaines Wallace, une Wallace originale a été installée au musée Carnavalet. Cette entrée dans un musée d'histoire de Paris est symbolique. L'eau devient un enjeu environnemental majeur, et valoriser son histoire, c'est aussi préparer son avenir.




Des cariatides vertes de Richard Wallace aux bassins du Louvre, de la Seine de Monet aux brumisateurs contemporains, l'eau traverse Paris comme un fil conducteur. Elle relie le patrimoine historique aux enjeux écologiques.


Fun fact : dans la mythologie gallo-romaine, la Seine était personnifiée par la déesse Sequana. On pensait qu’elle résidait à la source du fleuve, dans la région de la Bourgogne actuelle, où se trouvait un sanctuaire important. Les Romains et les Gaulois venaient y déposer des offrandes pour demander guérison ou protection. Sequana symbolise ainsi une vision très ancienne de la Seine : non seulement un fleuve utile, mais aussi une entité vivante et sacrée.

 


Le saviez-vous ?

La Seine s’étend sur environ 777 km et traverse Paris sur près de 13 km. Et malgré son passage en pleine métropole, elle abrite une biodiversité surprenante : on y recense 33 espèces de poissons !



 
 
 

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